Aujourd’hui, nous explorons la peur, et en particulier, comment se préserver de la peur des autres. C’est une émotion universelle, communicative et parfois envahissante qui peut nous influencer plus qu’on ne le pense. Je vais partager avec vous cinq conseils pratiques, inspirés de mes propres expériences, pour mieux gérer ces peurs extérieures.

Texte de l’épisode
La peur : une réaction instinctive et communicative
La peur est une émotion complexe qui survient en réponse à un danger potentiel ou à l’inconnu. C’est un mécanisme de survie inscrit dans notre cerveau reptilien. Lorsque nous soupçonnons un risque, la peur nous alerte : « Attention, danger potentiel ! »
Pourquoi les angoisses des autres nous influencent-t-elles autant ?
Il faut savoir que la peur est particulièrement communicative. Une personne qui ressent la peur peut facilement transmettre cette émotion à son entourage. C’est un processus de préservation collective, inscrit en nous depuis des millénaires.
Par exemple, si quelqu’un dans un groupe identifie une menace, tous ceux qui l’entourent auront tendance à ressentir cette peur également, même si la menace n’est pas immédiate pour eux.
Cette contamination émotionnelle peut se produire dans de nombreux contextes, qu’il s’agisse de la famille, des amis, ou même des médias, qui, en s’appuyant sur la peur, influencent souvent notre perception de la réalité. La peur des autres devient ainsi une source de stress supplémentaire, difficile à gérer car elle n’appartient pas toujours à notre propre vécu.
Comment identifier si une peur est la vôtre ou celle de quelqu’un d’autre ?
L’écho de nos propres peurs
Souvent, une peur qui nous affecte profondément résonne avec quelque chose de personnel. Ce phénomène de résonance signifie que la peur de l’autre fait écho à une peur préexistante chez nous. Si une peur extérieure nous envahit au point de déclencher des réactions physiques (angoisse, nœuds à l’estomac, tensions musculaires), c’est généralement le signe qu’elle fait écho à notre propre vécu ou à une expérience similaire.
Prenons un exemple personnel. Il y a quelques années, j’ai décidé de faire une grande randonnée en solo dans les Alpes. Dès que j’ai partagé ce projet avec mes proches, leurs peurs se sont manifestées : crainte de blessures, peur des agresseurs, des animaux sauvages, de la solitude, et bien d’autres. Pourtant, ces peurs n’ont pas résonné en moi de la même manière. Celles qui faisaient écho à mes propres insécurités sont celles qui m’ont le plus perturbée.
Exprimer ses propres peurs et respecter celles des autres
Chaque personne a un univers émotionnel unique. Ce que les autres perçoivent comme un danger peut ne pas l’être pour nous et vice versa. Dans cette section, je vous propose d’explorer comment reconnaître et respecter la peur de l’autre tout en sachant se protéger émotionnellement.
La peur est un reflet de l’univers personnel de chacun
Les peurs de mon entourage lors de mon projet de randonnée ne reflétaient pas mes propres craintes, mais les leurs. Certaines peurs m’ont semblé irrationnelles, comme la peur du silence ou de manquer de réseau téléphonique. D’autres étaient liées à leur besoin de confort (comme l’absence d’oreiller ou de douche). Bien que cela puisse sembler anodin pour moi, il était évident que ces aspects étaient très angoissants pour ceux qui me les ont exprimés.
En comprenant que la peur de l’autre est un reflet de son propre univers et de ses valeurs, il devient plus facile de ne pas se laisser envahir. Accepter que chaque personne ait ses propres inquiétudes permet de ne pas les prendre personnellement et de les accueillir avec bienveillance sans se sentir submergé.
Cinq stratégies pour se préserver de la peur des autres
Pour gérer ces peurs extérieures, voici cinq techniques que j’utilise régulièrement et qui m’aident à garder la sérénité.
1. Mantra de distinction : « Toi et moi, c’est différent »
Quand quelqu’un exprime ses peurs, je me répète intérieurement : « Toi et moi, c’est différent ». Ce mantra agit comme une barrière protectrice entre l’émotion de l’autre et moi-même. Il me rappelle que ses peurs lui appartiennent et qu’elles ne sont pas les miennes. Chacun a son propre système de valeurs et ses zones d’incertitude. Reconnaitre cette différence aide à maintenir une certaine distance émotionnelle.
2. Faire un exercice de projection : à qui appartient cette peur ?
Si une peur extérieure vous envahit, prenez le temps de la noter et demandez-vous : à qui appartient cette peur ? Avez-vous entendu cette crainte de la bouche d’une personne en particulier ? Cela peut être quelqu’un de proche, ou même une source médiatique. En identifiant l’origine de la peur, il devient plus facile de la replacer et de s’en détacher.
Cela m’a été très utile lors de ma randonnée. Je savais que la peur de la blessure appartenait davantage à ma mère, alors que la peur des agresseurs était celle d’une amie proche. Remettre les choses en perspective permet de « rendre » ces peurs à leur origine.
3. Éviter temporairement la source de la crainte
Parfois, il est nécessaire de prendre une distance temporaire avec une personne ou un média. Cela peut inclure la limitation des contacts ou la sélection des sources d’information. Il m’arrive de couper les informations ou de choisir des films plus apaisants. Si un proche est particulièrement anxieux, je préfère espacer les contacts le temps de retrouver mon équilibre émotionnel.
4. Rationaliser et être curieux pour désamorcer la peur
L’une des meilleures manières de faire face à une peur est de chercher des informations et des solutions concrètes. La peur naît souvent d’un manque de connaissance. Lorsque l’on se renseigne, elle perd de son pouvoir. Pendant ma préparation de randonnée, j’ai pris soin de préparer une trousse de secours et de suivre des chemins balisés, ce qui m’a permis de réduire considérablement les inquiétudes liées aux accidents.
Vous souhaitez lancer un projet ? Discutez-en avec des personnes expérimentées. Votre peur se réduira en trouvant des stratégies adaptées et en ayant des plans d’action concrets pour chaque étape.
5. Explorer ses peurs profondes et les apaiser
Si, malgré tout, une peur persiste, il est possible qu’elle vienne réveiller une blessure ou un souvenir traumatique. Ces blessures sont des zones sensibles où la peur de l’autre fait particulièrement écho. Dans ce cas, il peut être utile d’explorer cette part de soi, avec des disciplines comme la psychothérapie, la sophrologie, l’hypnose, ou même des pratiques de développement personnel.
Personnellement, l’aïkido m’a aidé à gérer mes propres peurs d’agression et à restaurer une confiance en moi. Chacune de ces démarches permet de renforcer sa résilience émotionnelle, en apaisant les anciennes blessures et en développant une meilleure connaissance de soi.
La peur : une émotion précieuse à apprivoiser
La peur est une émotion utile, un indicateur précieux qui nous avertit d’un potentiel danger. Rejeter cette émotion peut sembler tentant, mais il est souvent plus bénéfique de l’écouter et de l’accompagner. Savoir distinguer ses propres émotions de celles des autres est essentiel pour rester en accord avec soi-même et pour ne pas se laisser envahir par des inquiétudes qui ne nous appartiennent pas.
Si cet article vous a permis de mieux comprendre la peur et comment s’en préserver, n’hésitez pas à le partager avec un ami, un collègue ou une connaissance qui pourrait en bénéficier.
À vous maintenant : quelles peurs vous habitent ? Viennent-elles de vous ou de votre entourage ? Partagez vos réflexions, car exprimer nos ressentis est déjà un premier pas vers l’apaisement.
Je nous aime 🤍
Ambre V.
Retrouvez l’épisode sur votre plateforme

Article écrit et enregistré par :
Retrouvez toutes mes propositions d’accompagnement en suivant ce lien.
Retrouvez d’autres épisodes :
Laisser un commentaire